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Le blOg d'une petite nOisette professeure-documentaliste depuis 2008, passionnée de lecture, de culture et de tout ce qui touche au métier. Maman de Mini-Noisette (2015) et de Micro-Noisette (2019), je parle aussi des livres pour les plus petits.

15 juillet 2014

MOxyland

9782258100640

Moxyland
de Lauren Beukes

Ed. Presses de la cité
20,00€ / 2014 / 397 p.

La 4ème de couverture : Au Cap, en Afrique du Sud, dans la société ultra-technologique qu’est Moxyland, le monde virtuel a pris le pas sur le réel. L’apartheid, jadis axé sur la ségrégation raciale, a déplacé sa ligne de partage. Le téléphone portable, qui contient systématiquement les données personnelles de chaque citoyen, est un passeport obligatoire, sinon vital. Seuls ceux qui sont connectés en permanence ont leur place dans la société, les autres en sont exclus. Kendra, Lerato, Toby et Tendeka décident de s’insurger contre l’ordre établi. Ils sont programmateur, bloggeur, activiste ou simple étudiant, mais tous aspirent à plus de liberté. Ils s’engagent dans une lutte sans merci contre une police ultra-violente, qui sévit en toute impunité. L’issue en sera forcément fatale.

Mon avis : Je suis passée par beaucoup d’émotions en lisant ce roman. Tout d’abord, je n’ai rien compris et j’ai failli abandonner cent fois avant la page 50. Mais puisque je lisais ce livre dans le cadre de l’opération Masse Critique de Babelio, je me suis forcée à faire un petit effort. Dans cette première partie, le vocabulaire est très compliqué, ou plutôt spécifique, si bien que parfois je ne parvenais pas du tout à visualiser de quoi il pouvait être question. Mais petit-à-petit on s’habitue. Au bout d’un moment, j’ai commencé à vraiment accrocher à l’histoire, ou plutôt à certains personnages. Le récit est raconté tour à tour par quatre héros, Kendra, Tendeka, Lerato et Toby. J’ai bien aimé lire les récits des trois premiers. Quant au quatrième, Toby, c’est celui qui m’a paru le plus hermétique tout au long du roman, même si petit à petit je l’ai de mieux en mieux compris. Chaque personnage est vraiment différent et évolue dans un cercle également différent. Au fil du récit, le lecteur reconstruit les liens qui les unis, mais également ce qui les différencie. Kendra est une artiste photographe qui a laissé tomber ses études pour devenir un bébé sponsorisé, une personne qui arborera une toute nouvelle technique de tatouage pour faire de la publicité pour une grosse entreprise. Tendeka est un rêveur qui veut faire bouger les choses. Il s’occupe des gamins de son quartier avec son petit-ami et contracte un mariage blanc pour aider une réfugiée. Lorsqu’il s’aperçoit que les petites actions n’ont que de petits effets, il décide de suivre les conseils d’un inconnu sur un tchat et d’aller plus loin dans son action. Lerato est tout le contraire : bébé du sida, elle a été élevée dans un orphelinat sponsorisée par une grande université qui lui a permis d’avoir une excellente formation de programmatrice et de s’élever au plus haut de la société. Elle a tous les privilèges mais ses capacités et ses relations l’amènent parfois à transgresser la loi. Enfin, Toby est un être à part, bloggeur célèbre, joueur virtuel invétéré, drogué, qui lui aussi participe à des petites actions mais surtout pour le plaisir de les filmer et de faire le buzz sur son blog.

Quand on commence à vraiment comprendre le principe de cette société et les relations entre les quatre personnages, tout devient plus passionnant. Je n’arrivais plus à quitter le livre ! Cela dit, il y a encore beaucoup de vocabulaire qui, personnellement, m’a empêché de comprendre toutes les subtilités. La société sud-africaine du futur telle qu’elle est décrite ici fait peur et en même temps paraît assez réaliste. L’auteur nous livre une réflexion sur le totalitarisme assez poussée (on ne le comprend que dans les toutes dernières pages), et également sur les avancées technologiques qui ne sont pas forcément un bienfait. Dans cette société, les téléphones portables sont au cœur de la vie : passeport mais également carte d’entrée pour certains quartiers, le métro, les immeubles… il sert également d’unique moyen de paiement. Ce qui fait qu’une personne n’ayant pas les accréditations nécessaires ne peut pas aller où elle veut. Et si quelqu’un est reconnu coupable d’un délit, on le « déconnecte », on lui coupe son téléphone pendant quelques heures, quelques années voire définitivement. Les « déconnectés » se retrouvent à la rue, obligés de mendier pour survivre, ou envoyé à la Campagne.

J’ai trouvé toute cette société très intéressante, ainsi que l’histoire de ces quatre personnages. Mais la fin m’a énormément déçue ! Avec cette fin, je suis vraiment en manque d’explications, en manque de descriptions, d’approfondissements, en manque de passion. En effet, beaucoup trop de choses restent floues pour moi (sans en dire plus sur ce qui va se passer pour les personnages…) Je trouve dommage d’inventer une société comme celle-ci et de ne pas l’exploiter à fond. J’aurai aimé savoir ce qu’il se passait dans les Campagnes si redoutée, j’aurai aimé savoir si la Révolution était possible, et tant d’autres choses encore.

Bref, un roman qui ne m’a pas laissée de marbre mais pour lequel j’éprouve surtout de la déception, comme s’il manquait une fin ou une suite pour que l’histoire soit complète.

Merci beaucoup à Babelio aux Presses de la cité pour me l’avoir fait découvrir !

+ d’infos :
-La présentation de l’éditeur
-L'avis de gruznamur
-L'avis de Nymeria

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Posté par petite noisette à 06:53 - 07. Livres & Lectures - Commentaires [0] - Permalien [#]

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