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Le blOg d'une petite nOisette professeure-documentaliste depuis 2008, passionnée de lecture, de culture et de tout ce qui touche au métier. Maman de Mini-Noisette (2015) et de Micro-Noisette (2019), je parle aussi des livres pour les plus petits.

29 août 2011

La sOlitude des nOmbres premiers

lasolitudedesnombrespremiersLa solitude des nombres premiers
de Paolo Giordano

Ed. Points
7,00€ / 342 p. / 2008

La 4ème de couverture : Elle aime la photo, il est passionné par les mathématiques. Elle se sent exclue du monde, il refuse d'en faire partie. Chacun se reconnaît dans la solitude de l'autre. Ils se croisent, se rapprochent puis s'éloignent, avant de se frôler à nouveau. Leurs camarades de lycée sont les premiers à voir ce qu'Alice et Mattia ne comprendront que bien des années plus tard : le lien qui les unit est indestructible.

Mon avis : La solitude des nombres premiers est un roman vraiment très spécial. Je pense qu'il ne laissera aucun lecteur indifférent. Pour ma part, j'ai aimé, même si la lecture m'a laissée très perplexe. Mais je pense que d'autres doivent tout simplement détester.
Le style est sec et tranchant, pas de fioritures pour venir atténuer le propos. L'auteur est un scientifique et cela se voit ! Le plus important dans ce roman est la psychologie des personnages. On suit l'évolution de Mattia et d'Alice, tout deux coincés dans leur vie entre des choix qu'ils aimeraient faire mais qu'ils ne parviennent jamais à réaliser et leur passé qui les maintient sous l'eau en quelque sorte.

Depuis un drame familial, Mattia se réfugie dans les mathématiques. Il est tellement différent des autres adolescents que l'on pourrait parler d'autisme, même si ce mot n'est jamais évoqué dans le roman. La solution qu'il a trouvé pour soulager sa peine et sa solitude est l'automutilation. Alice, quand à elle, est anorexique depuis un accident de ski qui l'a rendue handicapée. Entre une mère malade et un père qui a toujours voulu faire d'elle une championne sans jamais lui montrer d'affection, Alice n'arrive pas à ressembler aux autres adolescentes. Tous deux sont donc des adolescents à part, qui n'arrivent pas à s'intégrer. Leur rencontre leur donnera un peu d'espoir.

Malheureusement, l'espoir n'est pas ce qui prime dans ce roman. Les personnages secondaires ne sont pas des adjuvants pour Alice et Mattia, bien au contraire. Et si à chaque rencontre on s'attend à ce qu'ils aient des réactions "normales", c'est à dire celles que l'on retrouve dans toute histoire, et bien on se trompe ! Alice et Mattia ne réagissent jamais comme on pourrait s'y attendre, et du coup leur situation en devient désespérante. L'auteur a choisi un parti pris courageux. Aucune réaction n'est stéréotypée, aucune solution ne vient troubler le gouffre dans lequel s'enfoncent Alice et Mattia.

C'est un roman qui m'a plu mais qui laisse un goût amer...

"Mattia pensait qu'Alice et lui étaient
deux nombres premiers jumeaux, isolés et perdus,
proches mais pas  assez pour se frôler vraiment.
" (p.150)

"Il le ferait pour Alice [...] Il avait peur de l'admettre,
mais quand il était avec elle il trouvait qu'il valait la peine
de faire les choses normales que font les gens normaux.
" (p.175)

"Elle était au salon et l'attendait.
Deux rangées de briques, quelques centimètres de crépi
et neuf ans de silence les déparaient.
" (p.333)

"Les choix se font en quelques secondes
et se paient le reste du temps.
" (p.333)

+ d'infos :
-La critique de Choupynette de Restin
-La critique de La bohémienne vanillabricot
-La critique d'Akialam
-La critique de Tulisquoi
-La fiche allociné de l'adaptation ciné (2011)
-La critique de Stephie
-La critique de Caro

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Posté par petite noisette à 07:23 - 07. Livres & Lectures - Commentaires [4] - Permalien [#]

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