blOg-O-nOisettes

Le blOg d'une petite nOisette pAssiOnnée de phOtOgraphie, de littérAture, de cinémA, de pieds, de cApes de dOcumentAtion...

03 septembre 2007

Une autre école (suite)

PARTIE 2 : LES ACTEURS

jean_boscoAimer pour éduquer

Don BOSCO (1815-1888) : La doctrine de ce prêtre italien repose sur l'amour.  "Qu'ils soient aimés en ce qui leur plaît, que l'on s'adapte à leurs goûts de jeunes garçons, et qu'ils apprennent ainsi à découvrir l'amour". La cause du changement actuel c'est qu'un certain nombre de garçons n'ont pas confiance en leurs supérieurs. Les supérieurs sont considérés comme des supérieurs, et non plus comme des pères, des frères et des amis. Sans familiarité l'affection ne se prouve pas, et sans cette preuve, il ne peut y avoir de confiance.  Deux méthodes s'opposent en éducation: la méthode répressive et la méthode préventive. Cette dernière est à privilégier car elle place les élèves dans l'impossibilité de commettre des infractions.

Biblio : Traité sur la méthode préventive en éducation (1877)

+ d'infos : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Bosco

association_valdocco

Le Valdocco, de la rue à l'école

Article de Benoît Floc'h : l'association est basée à Argenteuil depuis 1995 et à Lyon depuis 2005, elle suit l'héritage et la méthode de Don Bosco: aller chercher les jeunes là où ils se trouvent, c'est-à-dire dans la rue. C'est l'occasion pour l'éducateur d'appréhender l'univers du jeune.  Après l'approche qui permet de démolir la barrière de méfiance, succède l'accroche à l'occasion de sorties, de camps de vacances ou d'ateliers. Vient ensuite le temps de l'accompagnement qui se situe davantage dans une démarche éducative et dont le but est de conduire le jeune à quitter l'enfance et devenir adulte. Valdocco refuse le découpage: l'enfant est saisi dans toutes ses dimensions : la rue, l'école, la famille.

Jean-Marie Petitclerc, le prêtre directeur du Valdocco vient d'intégrer le cabinet de Christine Boutin (ministre du logement), pour essayer de faire changer les choses.

+ d'infos : http://pages.uriopss-idf.asso.fr/valdocco/index.htm

korczak La boîte aux lettres, outil pédagogique

Janusz KORCZAK (1878-1942) : "Si la pédagogie accepte de suivre la voie ouverte par la médecine, elle doit élaborer une science du diagnostic éducatif fondé sur la compréhension des symptomes". Ne pas chercher à savoir comment exiger, contraindre et interdire, mais chercher plutôt ce qui manque à l'élève, ce qu'il a en trop, ce qu'il exige, ce qu'il peut donner. Nécessité de disposer d'une boîte aux lettres dans laquelle les enfants peuvent déposer des mots pour le maître. Il est souvent plus facile d'écrire que de dire. De plus, cela leur permet d'apprendre à attendre une réponse, à prendre une décision...

Biblio : Comment aimer un enfant ; Enfant de la rue

+ d'infos : http://fr.wikipedia.org/wiki/Janusz_Korczak  /  http://korczak.fr/

janusz_korczakJanusz Korczak, défenseur des droits de l'enfant

Interview de Daniel HALPERIN (président de l'association suisse Janusz-Korczak): Korczak ouvre un premier orphelinat à Varsovie en 1912. En 1942, il refuse d'abandonner les enfants juifs et est déporté avec eux à Treblinka. Il accordait une grande importance aux interactions entre l'enfant et sa famille.Selon lui l'enfant n'est pas un adulte virtuel, un individu inachevé, mais un être humain à part entière. Il expérimente une voie originale en faisant participer activement les enfants à l'élaboration des lois de l'orphelinat. Il a identifiés de nombreux droits pour les enfants: le droit à un budget, le droit d'être pris au sérieux, de jouer, de se tromper, d'être encadré, de donner son opinion, d'avoir un secret, de dire un mensonge de temps en temps... Outre la boîte aux lettres, il a également mis en place un Parlement qui conférait aux enfants un pouvoir de décision, et un Tribunal avec un code pénal particulier. La notion centrale est le respect.

+ d'infos : http://www.aidh.org/korczak/

maria_montessoriS'effacer devant l'enfant

Maria MONTESSORI (1870-1952) : La quasi-totalité de la soi-disant action éducative se fonde sur l'idée qu'il faut obtenir l'adaptation directe - et donc violente - de l'enfant au monde adulte: une adaptation fondée sur une soumission incontestable et sur l'obéissance absolue qui conduit à la négation de la personnalité de l'enfant. L'environnement social que nous avons créé pour nous ne convient pas à l'enfant. Elle créer en 1907 la Maison des enfants, qui a pour but de favoriser le développement intellectuel de l'enfant. Il n'y a qu'une seule manière d'enseigner : susciter chez l'étudiant le plus profond intérêt en même temps qu'une attention vive et constante. Il faut donc utiliser la force intérieure de l'enfant pour sa propre éducation. Le plus difficile est de faire comprendre au maître qu'il doit renoncer aux droits qu'il avait jusque-là.

+ d'infos : http://fr.wikipedia.org/wiki/Maria_Montessori

montessoriDu sur-mesure dans une maternelle publique

Article de Marc Dupuis : Cette maternelle "Montessori" respecte le rythme de chacun (l'élève choisit son activité) et mélange les enfants d'âges différents (de 3 à 5 ans). Le mot d'ordre de Maria Montessori en faveur de l'autonomie de d'enfant était "aide-moi à faire tout seul". L'efficacité de cette méthode repose en grande partie sur un matériel spécifique inventé par Maria Montessori. Il y a toujours quelque chose de concret, de manipulable à l'origine d'un apprentissage.

patricia_spinelliAider l'enfant à faire et à penser tout seul

Interview de Patricia SPINELLI (directrice de l'institut supérieur Maria Montessori) : Il y a une quarantaine d'écoles Maria Montessori en France. Ce sont des écoles privées hors contrat. Leur but est notamment le respect du rythme de chaque élève.

+ d'infos : http://www.montessori-france.asso.fr/ismm_presentation.htm

roger_cousinet

Organiser la classe en coopérative

Roger COUSINET (1881-1973) : L'école doit être la maison des enfants. Pour tout travail les enfants se groupent en toute liberté, et on permet à chacun de changer de groupe quand il le veut. Le maître laisse les enfants travailler seuls, il ne les dirige pas, ne les guide pas, ne leur donne aucune aide, sauf s'ils posent des questions. Le maître ne corrige les fautes que lorsque les élèves sont incapables de le faire. L'entretien de la classe est dans la mesure du possible confiée aux enfants. Les enfants sont occupés à un travail à la fois littéraire, mathématique, géographique et scientifique. Il y aura avantage à organiser la classe en coopérative et à employer l'argent recueilli à des achats utiles à l'école. La méthode employée n'est pas l'enseignement mais l'observation et l'analyse.

+ d'infos : http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Cousinet

logo_anen La Prairie, espace réservé aux enfants

Article de Christian Bonrepaux : Cette école a été crée à Toulouse en 1969 par Marie de Vals, ancienne étudiante de Roger Cousinet. Son projet pédagogique considère l'enfant "comme une personne avec ses propres possibilités et pas seulement comme un élèves à enseigner". Le travail se fait par groupes. Il n'y a pas de classe de niveau, les groupes se constituent librement. L'école doit être la "maison des enfants". Ils y sont en chaussons ou chaussettes et établissent eux-mêmes leurs règles. Il ne faut pas imposer une logique d'adultes. "L'enfant ne fait pas ce qu'il veut mais il veut ce qu'il fait." Chaque CP commence par 20min de Quoi de neuf? L'école La Prairie reste fidèle à la pensée de Cousinet mais enrichie son projet avec les enseignements de Freinet et de la pédagogie de Fernand Oury. Les jeunes prennent fréquemment la parole, notamment dans les conseils.

+ d'infos : http://www.ecole-laprairie.fr/ / http://www.anen.fr/anen-classeur.php3?id_article=41

cousinet Cousinet imagine la société spontanée des enfants

Interview de Dominique OTTAVI (maître de conférences en sciences de l'éducation) : Cousinet s'est intéressé à la psychologie de l'enfant et à sa capacité à développer des relations sociales avec ses pairs. Capacité à s'auto-organiser. Cousinet et Freinet avaient des points communs comme la pédagogie de projet. Mais ils s'éloignaient sur d'autres, comme la volonté chez Freinet de développer la capacité du jeune à s'opposer pour pouvoir résister à toute forme d'oppression dans sa vie d'adulte, et également le fait que Freinet considère la classe comme un tout alors que Cousinet s'intéresse à chaque enfant séparément.

Biblio : De Darwin à Piaget (2001), Pour une philosophie politique de l'éducation (2002)

+ d'infos : http://www.ecolelasource.org/HIS_mouvement.html

fernand_delignyPrendre un gosse en charge, c'est le révéler

Fernand DELIGNY (1913-1996) : "Il y a trois fils qu'il faudrait tisser ensemble: l'individuel, le familial, le social". "Pour nous, prendre un gosse en charge, ça n'est pas en débarrasser la société. [...] C'est d'abord le révéler".  Deligny a été directeur d'un réseau de réinsertion de délinquants. Il a fondé en 1968 une structure d'accueil des enfants autistes.

Biblio : Les Vagabonds efficaces (1947), Graine de crapule (1945), La Caméra, outils pédagogique

+ d'infos : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fernand_Deligny

fernand_deligny_2Fernand Deligny : itinéraire d'un poète pédagogue

Article de Nicolas Truong : Deligny est d'abord "éducateur principal" dans un asile. Il ne s'oppose pas frontalement au pouvoir psychiatrique mais cherche d'autres voies. Marxiste et libertaire, il s'en prend violemment à "une nation qui tolère les quartiers de taudis, les égouts à ciel ouvert, les classes surpeuplées, et qui ose châtier les jeunes délinquants". Il fonde la Grande Cordée, association de prise en charge des enfants délinquants. Ce qu'il veut "c'est leur apprendre à vivre, pas à mourir. les aider, pas les aimer". Les conceptions humanistaristes de l'enfant, qui reposent sur une certaine culpabilisation des adultes et des parents finissent par le lasser. Il incite les enfants caractériels à se servir de la caméra pour se retrouver, souder leur collectivité et découvrir le monde avoisinant. Il co-réalise Le Moindre Geste, qui est présenté au Festival de Cannes en 1971. Deligny cherche à accompagner les autistes, pas à les soigner.

Biblio : Fernand Deligny, Oeuvres, ed. Arachnéen, 1848 pages, 557 images (2007)

Fernand_oury Plaidoyer pour l'hétérogénéité

Fernand OURY (1920-1998) : La classe homogène n'existe que dans l'imaginaire. Tous les enfants sont différents. La classe hétérogène voulue va se découper, s'organiser en un système complexe de petites classes plus homogènes en lecture, français, calcul, problèmes... Il faut d'abord évaluer les niveaux. On parlera de points, pas de notes. Ce sont les points obtenus qui détermineront en chaque matière le cours et la couleur. Le code des couleurs, inspiré des ceintures de judo, permet à chacun de voir où il en est dans chaque matière.

Biblio : Vers une pédagogie institutionnelle (1967), L'année dernière j'étais mort (1986)

+ d'infos : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fernand_Oury

f_dolto Voyage au coeur de la pédagogie institutionnelle

Article de Julie Chupin : Visite de l'école de la Neuville, un pensionnat alternatif fondé en 1973 par des personnes influencées par Fernand Oury et Françoise  Dolto. L'école a un souci de métissage des publics hétérogènes. Une part significatve de l'effectif provient de l'aide sociale.

Biblio : L'école avec Françoise Dolto (2001)

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A suivre : partie 3: les passeurs

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Posté par petite noisette à 22:38 - 19. CAPES : fiches - Commentaires [0] - Permalien [#]

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